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Waymo lance ses robotaxis en Allemagne. Et la France ?

Par Vincent Lautier - Publié le

Waymo, la filiale voiture autonome d'Alphabet, la maison mère de Google, vient de choisir Munich pour poser le premier pied de ses robotaxis dans l'Union européenne. Les tests démarrent dans les prochaines semaines, pour un service commercial prévu fin 2027. Et la France, où une structure existe déjà, n'est pas très loin dans les plans.

Waymo lance ses robotaxis en Allemagne. Et la France ?


Munich, première ville de l'UE pour Waymo



Concrètement, Munich devient la première implantation de Waymo dans l'Union européenne. Dans les prochaines semaines, ses voitures vont commencer à sillonner la ville en conduite manuelle, histoire d'en dresser une cartographie très précise et d'apprendre à son logiciel maison, le Waymo Driver, les habitudes de circulation locales. Pour cette phase de validation, l'entreprise déploie une petite flotte de Jaguar I-PACE électriques avec, au volant, des spécialistes formés pour reprendre la main à tout moment. Le vrai lancement de courses sans personne derrière le volant, lui, n'est pas attendu avant la fin 2027. Waymo met en avant plus de 350 millions de kilomètres parcourus en autonomie totale et 16 fois moins d'accidents avec blessés graves qu'un conducteur humain.

Waymo lance ses robotaxis en Allemagne. Et la France ?


Pourquoi l'Allemagne, et pas encore la France



Ce choix de Munich n'a rien d'un hasard, et pas seulement parce que Waymo vient planter son drapeau en plein fief de BMW et Mercedes. L'Allemagne autorise depuis 2021 les véhicules autonomes de niveau 4 sur la voie publique, dans des zones définies, ce qui en fait aujourd'hui le cadre juridique le plus permissif de toute l'Union. Le gouvernement allemand ne s'en cache pas et promet même de réduire la paperasse pour accélérer. Waymo avait d'ailleurs créé sa structure locale en mai, avant d'enregistrer dans la foulée des entités en France, en Espagne, aux Pays-Bas et en Suisse, signe d'une ambition bien plus large. Les moyens suivent, avec une levée de 16 milliards de dollars bouclée en février qui valorise l'entreprise autour de 126 milliards.

La France encore loin du compte



Sauf que les déclarations politiques ne valent pas autorisation, et Waymo devra négocier fort avant d'obtenir son feu vert. L'exemple de Tesla est parlant, puisque son FSD, une simple aide à la conduite avec conducteur responsable, a mis des années à décrocher une première homologation aux Pays-Bas, sans être validé en France ni en Allemagne. Waymo, qui va bien plus loin, pourrait donc patienter encore un peu. En France justement, une société Waymo existe depuis juin, avec une adresse à deux pas des Champs-Élysées, mais sans le moindre cadre commercial pour un service sans chauffeur, et un ministre plutôt frileux sur le sujet. Autant dire qu'on ne verra pas de robotaxi tourner dans Paris tout de suite.

Waymo lance ses robotaxis en Allemagne. Et la France ?


On en dit quoi ?



C'est quand même un cap de voir le robotaxi débarquer pour de bon en Europe, même si Waymo avance doucement, avec un humain au volant et un horizon fixé à 2027. Planter sa tente à Munich, pile dans le jardin de BMW et Mercedes, a un petit côté provocateur quand même. Et vu la lenteur de nos régulateurs, la vraie course ne sera pas technologique mais administrative. La France a le décor, il lui manque juste le feu vert.